Motos et pilotes dans l’avion : direction Vancouver

Ce matin, rdv à 9h à la compagnie d’emballage de « biens dangereux » qui se trouve dans une belle zone industrielle comme on les aime.

Hé oui, nos motos sont considérées comme des « dangerous goods », ce qui explique en partie la réticence des transporteurs et le prix du trajet. Ça fait aussi beaucoup de paperasse en plus…

Un compagnon voyageur étant passé par là quelques semaines plus tôt, on avait réussi à localiser la position GPS exacte du site, ce qui n’était pas une mince affaire. Nous arriverons donc, pile à l’heure !

Sauf qu’en fait, il n’y a personne dans l’entrepôt, mais tout est ouvert …

Etrange …

On aperçoit quelqu’un, le contact est un peu froid, mais finalement on se détend autour d’un café (ou d’un sucrafé plutôt), et on commence à tourner autour des bécanes avec Mr Kim, le manager, pour optimiser au mieux l’emballage de chaque moto.

Il nous dit qu’il n’y a pas besoin d’enlever la roue avant, par contre il faut démonter le guidon, la bulle, les pare-mains, replier les rétros, et virer toute la bagagerie arrière ainsi que le top case, bien évidemment.

On en stock un beau bordel là-dessus en fait !

Ensuite, on monte les motos sur une planche en bois dont ils ont déterminé la longueur et la largeur en mesurant la bécane. On passe trois sangles à l’avant, au milieu et à l’arrière de la moto pour la caler. C’est ensuite armé de sa cloueuse, qu’un employé vient caler le tout avec masse de bouts de bois.

Une fois que tout est calé, c’est à nous de jouer à tétris pour mettre tout notre bordel moto, bottes, casque, le top-case, les sacoches latérales. Enfin, tout ce dont on a pas besoin tant qu’on a pas les motos. Les bagages pour le vols avec quelques jours de fringues étant restés à la guesthouse.

Et là, massacre écologique, on emballe tout dans du plastique ! On fait une belle capote bien épaisse autour de la moto, comme votre valise à l’aéroport de Roissy, quand vous tenez à votre matériel informatique ou autres précieusetés qui prennent la direction de la soute…

Le tout bien évidemment fois 2 !

*chuchote des petits mots doux à Newt…*

On fait un gros câlin aux motos en leur souhaitant un bon voyage.

Et là les mecs nous disent gentiment qu’il va falloir se casser parce qu’ils ont d’autres choses à faire, et qu’ils finiront de fermer la boîte sans notre « assistance » cet après-midi.

On est un peu déçus de ne pas voir les boîtes complètements fermées mais on fait confiance, ils travaillent assez propre et ils ont l’air d’avoir bien l’habitude.

Mr Kim nous commande un taxi, parce qu’évidemment, on repasse en mode piétons, et en attendant, je lui pille son stocks d’autocollants « dangereux » parce qu’il a eu le malheur de me dire que je pouvais en prendre si je voulais. Ahah, pauvre fou …

Ceux qui me connaissent comprendront 😀

On monte dans le taxi et on profite de notre dernière journée pour continuer à faire le tour des spécialités coréennes qu’on aurait pas encore eu le temps de découvrir. Pour être honnête, une semaine pour cette mission, c’était bien trop peu !

Miam

Re-miam

Demain, on prend l’avion !

Notre vol est prévu à 15h heure locale, le 3 septembre, pour une arrivée prévue à 9h le …. 3 septembre. On doit se préparer à deux journées en une.

Notre hôte super adorable nous dépose sur la ligne de métro qui est directe vers l’aéroport, on se retrouve comme des nazes devant la machine qui ne prend que du cash. Impossible de payer en carte. Donc on fait un retrait avec des frais de folie juste pour payer 2 pauvres tickets de métro. Note : toujours garder un minimum de cash jusqu’au bout !

Bref, on arrive rapido à l’aéroport et on glande à côté du comptoir Air Canada le temps qu’ils ouvrent les enregistrements bagages.

Ce matin, on avait eu des nouvelles de Wendy, notre broker, concernant les motos. Elle nous confirmait d’une part que le poids/volume facturé est le même que ce lui anticipé par la compagnie d’emballage. D’autre part, elle nous prévenait aussi qu’elles étaient en route vers l’aéroport et qu’elle nous tiendrait au courant au fur et à mesure du process.

C’est une fois bien calés dans nos fauteuils à l’aéroport, que je reçois un petit message de Wendy : « les douanes demandent une photo des plaques et les numéros de chassis. Vous les avez ?! Sinon, ils vont ouvrir les boites pour vérifier, ce qui veut dire qu’elles ne seront pas dans le vol aujourd’hui ».

On décolle dans moins de 3 heures … Super.

Bien sur qu’on les as les photos Wendy, on est pas arrivés jusqu’ici sans qu’on nous les demandent. Mais ça aurait été mieux de se renseigner avant non ? C’est donc en bon mode panique que je gère désormais parfaitement, que je lui envoie toutes les photos qu’on a. En bonus, les photos de quand on les as emballées avec nos tronches souriantes et les plaques qu’on aperçoit sous la première couche de plastique.

Je lui envoie tout ça, et elle me dit ok, on va voir ce que disent les douanes.

Le temps passe, je fais mes petits exercices de respirations dans un coin de l’aéroport…

Une demi-heure, une heure …. Wendy me dit que que le staff des douanes a dit ok, mais qu’ils attendent le GO du manager et que c’est l’heure de la pause-dej’. A priori elle est aussi sacrée qu’en France… Pffff …. Je m’inquiète un peu parce nous prenons aussi le vol d’aujourd’hui et que si il y a un retard avec un problème, on ne pourra le régler que depuis le Canada, ce qui complique bien les choses ! Bref, je scénarise tous les plans catastrophes dans ma tête (oubliés les exercices de respiration….), et là je reçois un nouveau message de Wendy qui me dit que tout est ok.

Gros gros gros soulagement !!

La prochaine fois, prévoir d’envoyer les motos un jour avant, juste au cas où… quitte à payer du stockage sur le lieu de destination.

Ya t-il des motos dans l’avion ?

C’est donc, plutôt soulagés qu’on embarque pour changer de continent !

Le vol se passe niquel, même si on aura pas trop réussi à dormir pour préparer notre deuxième 3 septembre.

Choisis ta légende : 1° : On est arrivés la sans s’être entre-tués, c’est génial non ? 2° : Tu penses que les motos sont dans l’avion ? 3° : J’ai faim.

On arrive au Canada, il fait grand bleu, le passage des douanes se fait finger in ze noze, et ensuite on cherche un moyen de se rendre chez Air Canada Cargo qui est à 15 minutes à pied de là. Sauf que « à pied » ici (enfin, en Amérique du Nord), ça relève du conceptuel. Si tu dois faire plus de 300 mètres, la voiture c’est vachement mieux.

Bref, on galère un peu mais on arrive à aller à pieds jusqu’aux bâtiments du cargo. Un charmant monsieur nous file plein de papiers, nous fait payer environ 100 dollars par moto, et nous dis d’aller aux douanes pour avoir un tampon à quelques minutes de là.

On s’exécute, il est environ 10h30, on a un peu la tête dans le fion mais pas pire. Le charmant monsieur de la douane nous dit qu’ils préfèrent contrôler les motos, parce qu’elles viennent de Corée et qu’ils doivent vérifier qu’elles sont propres à cause de risques de contamination par la terre de je ne sais plus quel virus ou danger. On a beau lui montrer des photos de notre passage au karsher juste avant le vol, il fait son boulot.

« Mais si Mr l’agent, regardez, il y a de la mousse partout, alors c’est forcément propre ! »

Et là, commence l’attente…. la longue attente au Tim Hortons d’à côté, à boire (un peu trop) de cafés.

Pour bien commencer la journée !

On essaye de régler le problème de l’assurance nord-américaine en attendant. C’est un peu le casse-tête avec une plaque française, sans avoir à passer par une plaque temporaire canadienne.

En bref : on va rouler jusqu’à notre hébergement de ce soir sans assurance, et on réglera le problème plus tard. Notre contact américain qui pourrait nous dépanner sur le sujet, est en pleine tornade en Floride !

Mais c’est un autre sujet. D’abord, pour rouler, il faut des motos !

C’est vers 15h, alors qu’on s’endort comme deux gros sacs dans la salle d’attente de la douane, qu’on nous réveille informe que les motos sont disponibles. Ouaiiiiis !!

On décolle les paupières et on se dirige vers la zone de Cargo de nouveau. On nous amène …. pas la bonne moto au début ahah.

Puis on nous emmène les deux boites en bois, et ….. et bien démerdez-vous les amis !

Zombie !

Voili voilou, et comme on a un peu pitié de vous, on vous donne un tournevis tordu. A vous !

*re-chuchote des mots doux à Newt pour savoir comment s’est passé son vol*

Ah…. héhéhéhé…

Et vous auriez pas un marteau, quelque chose ? Pour ouvrir nos paquets cadeaux ?

Même avec la difficulté du déballage, c’est quand même un peu Noël pour nous, on est tout contents. Oublié le jetlag : le vol s’est bien passé pour tout le monde !!

Tadaaaaaaam !

Ça nous prendra un bon 2 heures, mais on arrive à tout remonter et ré-empacter sans trop de casse. Seul un rétro de Fafa passera en perte, car Newt aussi a pris un peu de jetlag et a décidé de se coucher à un moment du process du déballage. Oups ^^

« Incassable, incassable !! »

« … cassé… »

Heureusement pour nous, ce soir on est hébergés à a peine 5 kilomètres de l’aéroport. D’une parce qu’on a un peu la tête dans le c**, et de deux parce qu’on a pas d’assurance pour l’instant.

On dort donc chez Sabine et ses boys, une motarde franco-canadienne installée à Vancouver depuis 20 ans maintenant, qui nous a repérés sur la page Facebook de Cocoricorando et qui nous a proposé son canapé. La grande classe pour nos premiers tours de roues sur la côte ouest canadienne, au sein de cette grande et belle famille motarde.

Petite anecdote, sur les 5 kilomètres qui nous séparaient de l’aéroport de chez Sabine, on a quand même été invités à dîner par un couple de canadien, au feu rouge. Bienvenue au Canada !

Accueil au Bordeaux, mais pas n’importe lequel : Château Canada !

Big smile et coucher de soleil avec Sabine et les boys.

La suite de nos aventures sur ce nouveau continent au prochain épisode !

Contact

Wendy Choi / Aero Intl / Seoul

#303 12, MORAENAE-RO 7-GIL, MAPO-GU SEOUL, KOREA
TEL:82-2-372-6181 FAX:82-2-375-8145
E-MAIL:[email protected]

3 réponses sur “Motos et pilotes dans l’avion : direction Vancouver”

  1. Chouette CR, et bien detaillé !
    apparemment, passer par transport aerien est largement plus facile a tous les niveaux, meme si le cout est plus chère….

    a l’occaz pourrais tu me renseigner sur « wendy » ? (transitaire ?)

    1. Salut !
      Merci pour ton retour. Wendy Choi de Aero Intl’, c’est un peu le Yuri de Links Ltd à Vladivostock, mais en Corée du Sud. J’ai trouvé son contact sur Horizon Unlimited et je l’ai contactée avant de partir. Je vais rajouter ses coordonnées dans le post 🙂 J’avais aussi contacté d’autres compagnies sur Séoul, si tu veux étudier la concurrence. On est passés par elle par facilité, d’autres voyageurs rencontrés en route ayant fait appel à ses services peu de temps avant.

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