Kazakhstan, le retour.

Ça y est, on laisse derrière nous les montagnes du Kirghizistan, la beauté de ses paysages et… la cupidité de ses policiers…

Le matin en partant vers le Kazakhstan, je me réjouissais de n’avoir eu que très peu affaire à la police ici. Sachant qu’ils sont réputés pour leur, comment dire, manque de professionnalisme, tendance à prendre les touristes pour des banques, et leur manque d’honnêteté en règle générale. C’est pas moi qui le dit, c’est les retours de voyageurs sur les forums consultés avant de partir.

Bref, dans cette belle ville de Karakol, peut-être 3 kilomètres après être partis, on se fera stopper par deux charmants connards policiers, et on repartira avec 30$US de moins et pas de reçu, of course, pour refus de priorité à des piétons, soit disant.

Ils font une collecte, pour renouveler leur flotte de véhicule. A votre bon cœur MsieursDames

Vous l’avez bien compris, je l’ai mauvaise. Et je l’ai mauvaise une bonne grosse partie de la matinée.

La route jusqu’à la frontière se transforme en piste, puis en pistator (comprendre, piste de gros méchant), puis en re-piste. On est toujours au milieu de la montage et on profite du paysage, encore une fois.

L’extrême gentillesse des douaniers à la fois kirghizes et kazakhes finira par me calmer (presque). Le passage de frontière se fera tout en douceur et sera bouclé en moins de 30 minutes et avec un très anecdotique contrôle des motos.

Un peu de travaux ensuite, donc re re piste, et enfin nous retrouvons le bitume. Et la chaleur. Il fait super chaud, lorsque nous nous lançons à la recherche de notre assurance moto locale dans le premier petit village après la frontière. Ça ne fut pas une mince affaire, mais nous avons fini par trouver ! Le tout étant bouclé en quasiment 4 passages de frontières, soit 2 heures environ, déjeuner non compris. Avec deux cosmonaumotards à moitié liquéfiés.
C’est finalement dans une boutique de pièces auto improbable, qu’un charmant Monsieur nous a fait nos papiers, entre les (nombreux) clients qui venaient avec leurs bouts de voiture à remplacer. Oscaro.com devrait peut-être songer à ouvrir le Kazakhstan !

Cela nous aura permis aussi de découvrir qu’on s’était bien fait bananés comme il faut lors de l’achat de notre 1ère assurance au Kazakhstan. Du genre, promotion spéciale touristes, légère augmentation de 200%, aujourd’hui et aujourd’hui seulement …

Décidément…

Notre brave Monsieur nous aura aussi bien rassuré sur l’itinéraire que nous avions prévu de prendre jusqu’à notre destination du jour. Oui vous êtes au Kazakhstan, mais rassurez vous mes petits, cette route, c’est un vrai billard, et vous aurez de la montage partout !

Un peu dubitatifs par rapport à notre première expérience des routes kazakhes, on passe la première et on s’en va découvrir ça par nous-mêmes.

Qu’elle ne fut pas notre surprise de trouver un asphalte flambant neuf au milieu d’un cadre mi-Suisse, mi-seuls au monde. Les prochains 90 kilomètres nous arracherons des petites larmes d’émotions, avec une conduite tout confort. Un peu de « repos contemplatif » après les émotions de ce matin.

Là ,c’est le moment où j’ai lâché ma petite larme d’émotion dans mon casque

Notre destination du jour c’est le lac Kaindy, et pour les 20 derniers kilomètres de la journée, on aura une pistator de nouveau, avec 2 passages à gué dont un qui mouille les pieds. Avec la tension et la fatigue accumulée de la journée, il faut rester vigilant ! Mais le décor dans lequel nous évoluons est tellement chouette que ça passe tout seul.

On arrive (enfin) au parking, et là, pas de lac. Juste des mecs qui te proposent moyennant finance des promenades à cheval jusqu’au dit lac, à 1 km de là en descente bien raide. Noooooon… On voulait camper, mais l’idée de transporter tout notre bordel, de laisser les motos dormir sur le parking… Dur. Et juste à ce moment-là, deux touristes kazakhes nous disent qu’ils ont vu 3 motards en bas, en tente, et nous indiquent le chemin (celui derrière deux énormes panneaux sens interdit…)

Ni une, ni deux, on fait nos gros terroristes écologiques, on contourne la barrière plus ou moins discrétos (comprendre, on s’est fait carrément grillés) et on essaye de se rapprocher de ce foutu inaccessible lac. Et effectivement, elle est raide cette descente ! En plus, on ne trouve pas la bonne piste, on fait des aller-retours, je commence à être au bout de ma barre d’énergie. On finit par se poser sur un petit spot camping, et on y plantera la tente. Pas vu d’autres motards dans le coin !

Bon, c’est pas mal aussi hein…
Voilà voilà, c’est magnifique, mais ça se mérite !

Après une bonne nuit à rêver de contrôles de police au milieu de la forêt (bienvenue dans mon cerveau de névrosée), on se lève et on va à pied vers le lac. Et là on trouve la fichue piste qu’on a loupé la veille ! Et 3 motards australiens, que notre pote n’avait donc pas inventés ! Un beau Ken-Surfeur torse nu, son cousin barbu & friendly, et le papy, l’homme qui était frustré de ne pas savoir prononcer « pain » en russe (хлеб). Étrange résumé de cette rencontre, je sais. Mon cerveau a encore frappé.

Ça, c’était la vue de nos australiens au réveil…

Ils sont en vadrouille pour 2 mois en Asie centrale, c’était bien sympa de les croiser, d’avoir finalement trouvé le spot que nous cherchions la veille et résolu ce mystère.

On se souhaite bonne route, on remballe tout, et moi j’ai le bide dans les chaussettes. Comme si j’avais besoin de ça. J’appréhende un peu la piste pour retrouver l’asphalte, mais étrangement ça passe tout seul, gués compris !
La route est encore sublime, mais on passe des montagnes à un cadre un peu plus désertique, il fait toujours bien bien chaud, et au bout de 80 bornes j’abdique. Toute mon énergie est orientée par le cerveau sur la digestion, j’ai sommeil, j’ai la gerbe, mon corps est en train de se battre. Ça m’évoque des souvenirs de Fabien en pleine sieste au bord de la route au Maroc, dans une situation à peu près similaire il n’y a pas si longtemps que ça.

On trouve un abri de soleil sur la route, je me planque à l’ombre pendant qu’on devise avec Fafa sur les options possibles. Grand merci à l’application iOverlander, on repère un spot de camping référencé pas loin. Se faire la route jusqu’à Almaty aujourd’hui, c’est même pas en rêve Fafa part en exploration, pendant que moi je pionce sur mon banc.

Pour un spot pas très loin, je trouve qu’il met un peu de temps à revenir (après ma micro-sieste…). Finalement, j’entends puis je vois la Versys, sans top case et sac arrière… Ah.
En fait, il nous a trouvé un spot tout mignon, avec un cadre au petits oignons et surtout de l’ombre. Sauf qu’il y avait une petite bande de sable bien traître qu’il n’avait pas vu !! Et Paf la moto. D’où les bagages en moins, pour la relever et venir informer la Boo que son palace était prêt.

Arrivés sur place, un gentlemen me gonfle mon matelas, je sors l’oreiller et c’est parti pour la sieste.

It’s all, so, quiet, la la la la la
Un p’tit coin d’paradiiiiis…
ZZzzzZZz ZZZz zzzzz

Je dormirais une bonne partie de l’aprem, avec quelques phases de réveil alternés entre le mode ronchon et le mode relax je profite du paysage, puis à 19h30, au lit pour toute la nuit.

La pause n’était pas de trop ! Et puis quel spot franchement… Imprévu, improbable, et au final un des plus chouette qu’on ai fait jusqu’ici. Petite photo au réveil qui va bien.

On est pas bien là ?

On kiffe notre matinée, on profite tranquillement de l’instant, du paysage…
On remballe et on se dirige vers notre destination initiale d’hier, à savoir le Canyon de Charyn. On a plus le droit d’y descendre en moto, à cause d’une courte mais très très raide phase d’approche. On décide quand même de s’y promener, à pied. Exceptionnellement il est tôt (9h30), et on a la journée devant nous.

On passe du mode cosmonaumotard, au mode rando-fait chaud, et on part explorer le canyon à pied. On se croirait dans un parc de l’ouest américain, le contraste est frappant après notre excursion en Suisse, c’est superbe. Par contre, la marche en elle même n’est pas géniale, et au bout on arrive dans un eco-park cul de sac au bord d’une rivière, avec un café, un yourte-hôtel et un camping, mais pas super agréable. Plus Disneyland Orlando que Grand Canyon pour rester sur les comparaisons.

Merci au léger voilage nuageux du ciel, on a gagné au moins 10 degrés

On remonte, et Fabien se chauffe (ahah… Il fait déjà au moins 35 degrés) pour aller jusqu’au point de vue, sur le haut du canyon. Pour ma part, je me réfugie à l’ombre en compagnie de mon meilleur ami l’hydrapack, l’effort demandé par la remontée du canyon ayant remis à mal mon estomac.

Vous remercierez votre serviteur pour les photos suivantes.

Un petit air d’Arizona

Je vous passe le détail des souffrances subies pour remettre l’équipement moto, en plein soleil, sous 35 degrés, voir plus. La sécurité c’est bien, les pays avec des températures raisonnables, c’est mieux 😁.

Les 200 kilomètres qui suivront et qui nous séparent d’Almaty seront long, chiants et monotones, mais comme c’est une sorte d’autoroute, ça a l’avantage de passer un peu plus rapidement. On arrive sur Almaty vers 17h30, et on retrouve avec une joie non dissimulée la circulation, la gorge qui pique et les kékés citadins. L’hostel que nous avions repéré n’est pas disponible, alors on échoue dans un hôtel avec un bon rapport qualité prix mais carrément impersonnel. Pas grave, la douche était devenue obligatoire passé 12h. Deux nuits de camping et une petite rando-sauna ayant eu raison de notre intégrité olfactive.

Nos missions sur Almaty, dans le désordre : prendre rdv chez le médecin pour vérifier l’état et le devenir de mon épaule encore douloureuse, trouver une carte sim locale pour gérer l’assurance sans payer une fortune, faire notre visa pour la Mongolie, traiter les dernières photos, vidéos, mettre à jour les réseaux, gérer les quelques besoins shopping, effectuer un rafraîchissement capillaire (pour moi), et surtout découvrir les bars et restaurants de la ville après la gastronomie simple et bonne mais carrément redondante des dernières semaines.

Mission accomplie pour quasiment toute la liste. Mon épaule va bien, aprés vérification à l’IRM, rien qui ne se soigne pas avec le temps et avec des exercices quotidiens, ouf ! A revérifier en rentrant si toujours douloureux, mais en attendant, me voilà rassurée. La gestion du soucis par l’assurance par contre, ça aura été une autre histoire. Avi-International passe par Europe Assistance, et mon Dieu que c’était compliqué ! Entre les multiples interlocuteurs qui ne te tiennent pas le même discours, les échanges téléphoniques qui ne sont pas mentionnés sur le dossier, et les conditions contractuelles qui ne sont pas maîtrisées par les équipes, franchement ça n’avait rien de rassurant. En résumé, on a beau avoir anticipé la gestion du soucis, qui n’avait rien d’une urgence en plus, on a quand même bien galéré pour avoir une prise en charge et finalement on a du tout avancer. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, mais ça nous a quand même un peu inquiété : et si on avait un problème grave et urgent ? Ça se passe comment ? On attend toujours la réponse !

Le lendemain, de bon matin (vers 11h30), on se rend à l’ambassade de Mongolie pour y faire notre demande de visa. Nous avons un retour de voyageurs l’ayant fait il y a moins de 2 semaines, en moins de 30 minutes c’est torché ! Super ! Et je sais que début juillet, c’est la fête de Naadam, donc tout est paralysé au moins deux semaines. Ça tombe bien, on est en juin…

Sauf que. C’était sans compter sur les congés de Mr le Consul, qui a décidé de retourner deux semaines en Mongolie pour ses congés à lui, et que en toute logique, et bien personne ne prend le relai. On parle bien d’un bout de papier à tamponner moyennant 58$ US par personne.

En résumé, ça a donné un truc comme ça :

-« Bonchhhhhoooour, on vient faire nos visaaaaaaas. »

-« Ah mais ça-va-pas-être-possible. Le consul est retourné en vacances, chez lui en Mongolie, pour deux semaines. »

-« Euh, c’est une blague? Personne ne peux le faire à sa place ? »

-« Nope ! C’est con pour vous les amis. Mais rassurez-vous, vous pouvez aller à Bishkek au Kirghizistan ou à Astana, pardon Nuursultan, c’est pas loin, juste 1 200 kms ! Allez, cassez-vous maintenant ! Bisous ! »

On accuse le coup, assis sur le trottoir sous l’ombre d’un beau pommier sauvage en fleur. On fait un peu clodos entre les rutilants 4×4 de ce quartier huppé où se situent un bon paquet de consulats et d’ambassades, mais c’est pas grave, on a 116$US dans la poche et on ne sait plus quoi en faire …

On se dit qu’après un petit Whisky Sour ça ira mieux, on aura les idées plus claires et on pourra étudier nos options, même que c’est pas grave s’il n’est que midi.

Bon, finalement, on est raisonnable et on se pose dans un café. On décide que le retour en arrière n’est pas raisonnable (ça va nous coûter trop cher en contrôles de police), et que le détour par Nursultan ne nous intéresse pas. On va bien vers le nord, mais ce n’est pas une ville qui nous tente, et le temps qu’on passe pour y aller serait du temps en moins sur la Mongolie.

Depuis le début du périple, la Mongolie c’était un peu la variable d’ajustement du voyage, comme nous avons notre bateau de réservé à Vladivostok le 24 juillet (haute saison et une seule rotation par semaine oblige).

Nous avions prévu un itinéraire, mais comme tout peut se passer en route et que la Pamir était une grosse inconnue, nous nous étions dit que si une destination devait sauter ça serait celle-là. C’est d’ailleurs pour ça que nous n’avions pas prévu le visa avant de partir, et qu’on voulait le faire en route.

C’est toujours un peu frustrant de prévoir le trajet sans trop savoir, mais obligatoirement il faut faire des choix. Le consul n’est pas disponible pour nous faire notre visa, nous n’avons pas envie de faire de gros détour, et bien ce n’est pas grave, nous aurons plus de temps pour découvrir l’Altaï et le lac Baïkal ! Plus tard, grâce à notre ami Facebook et aux amis tout court, nous apprendrons que le visa peut-être fait aussi sur Irkoutsk ou Ulan-Ude. Ce n’est que partie remise, mais nous avons désormais très envie de passer plus de temps en Russie. Peut-être que la Mongolie sera du voyage cette fois-ci, peut-être pas ! Fafa se rassure en se disant qu’il y viendra plus tard, mais en Ural cette fois-ci !Affaire à suivre 🙂

Voilà, après 5 nuits sur Almaty, car le temps passe vite, il est temps de repartir. De cette ville, nous retiendrons surtout les endroit agréables où se poser et déguster de bons petits plats avec de bons petits verres. Comme une petit retour « à la civilisation », avec ses bons et ses mauvais aspects, après nos kilomètres perdus into the wild.

Bien que la circulation soit assez dense, et que les avenues pas super piétons friendly, le fait d’avoir ces magnifiques montagnes toujours en vue, et des arbres partout dans la ville, rendent l’endroit plutôt agréable. Et puis il est vite fait de sortir et de se retrouver rapidement de retour dans la nature. Au top.

Selon le Lonely Planet, la meilleure bière du Kazakhstan. Let’s agree to disagree !

Grosse sortie de zone de confort : changer de coiffeur !
Oh yeaaah

Maintenant, place aux 1 260 kilomètres qui nous séparent de la frontière russe. On s’attend à de la mauvaise route, et des plaines plates et interminables. On s’est préparé psychologiquement tous les deux.

On aura eu de la bonne route (environ 300 kms), puis de la mauvaise route, puis plus de route du tout (environ tout le reste), avec à peu près tous les différents niveaux possible de mauvais. En ce qui concerne les paysages toutefois, j’ai été agréablement surprise. Certes, les paysages de hautes-montagne restent derrière nous, mais finalement il y a quand même un peu de relief, et les couleurs pastels qui nous accompagneront jusqu’au bout me laisseront d’excellents souvenirs. Des petites fleurs partout, ça sent bon le printemps. Des orages qui nous offrent des ciels majestueux, et qu’on apprécie grâce à nos tenues Gore-Tex. Plein de contrastes sur ce trajet au final, et beaucoup de temps pour méditer !

Bon. Si vous demandez à Fafa, il vous dira que c’était monotone, comme la mer. Chacun ses points de vue 🙂

Promenade champêtre
Exemple typique du : là-bas il fait beau, ici un peu moins.
« Bon, c’est quand qu’on arrive dans l’Altaï ? »

On finit par arriver à Semey, ville tristement célèbre pour son polygone nucléaire (de Semipalatinsk), le premier et l’un des principaux sites d’essais nucléaires soviétiques avec pas moins de 456 explosions en 40 ans.

On y reste pas longtemps, je vous laisse deviner pourquoi ! Plus d’informations ici.

Demain, on passe la frontière avec la Russie, une nouvelle fois !

Une réponse sur “Kazakhstan, le retour.”

  1. bonjour quel courage de continuer apres temps de probleme à juste une question les coiffeurs sont aussi bon quand france ???? merci pour nous faire voyager

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