Ouzbékistan, sur la route de la Soie, part II

Après une bonne nuit de sommeil, on se lève sans réveil. Pour une fois c’est assumé, mieux vaut partir un peu plus tard mais éveillé que trop tôt et s’endormir en route ! On se croise avec nos amis autrichiens à deux roues sans moteur, qui partent prendre le train une nouvelle fois pour s’épargner la traversée du désert avec un vent de face jusqu’à Boukhara. Franchement, je ne vois pas pourquoi…

Légende : vert, ça passe encore, jaune, trop chaud et seul au monde ou presque

On part sur notre traditionnel créneau de 10h19, et il fait déjà bien (trop) chaud ! C’est verdoyant au début, avec pleins d’arbres fruitiers, et progressivement, le cadre devient plus aride et désertique. La chaleur monte doucement mais surement, et on croise les doigts pour ne pas avoir d’avarie en plein milieu du désert sans un pet’ d’ombre aux alentours. Ça deviendrait très compliqué. D’ailleurs, c’est très marrant, parce que leurs signes d’aires de repos (quand il y en a), sont les mêmes qu’à la maison. Avec le petit sapin et la table vous savez ? Sauf qu’ici et bien, puni sapin ! Et puni table aussi. C’est juste une espace pour se garer.

Sur la route, nos rencontres éphémères se font avec toujours beaucoup d’enthousiasme : coucous, thumbs-up, appels de phares, klaxons et sourires… C’est agréable et on ne s’en lasse pas. Ça fait aussi passer le temps, parce qu’on est partis pour 300 bornes de désert. A un moment, on aperçoit de l’eau à droite. Quoi ? De la flotte ? Ici ? Les intercoms s’allument en même temps, on a eu la même idée . Allons voir cela de plus prêt ! Des pistes, mi-cailloux mi-sable, nous emmènent sur un point de vue en hauteur. Et là, pan dans tes yeux la vue. Pim pam poum, on est scotchés. On transpire à grosses gouttes, tellement il fait chaud, mais heureusement un mignon parasol de fortune nous permet de nous abriter chacun son tour (et de faire des photos de mode). Et on profite de la vue. Quel panorama, on arrive pas à en décrocher, on fait 4 000 photos (au moins) tellement c’est magnifique. On arrive plus à partir, malgré la chaleur écrasante.

Je suis sympa
je vous épargne
les 3997 restantes

Et là, on voit un quad qui arrive, avec deux militaires armés et masqués. Oups ! No photos ! Et oui, parce que les touristes en fait, ils sont en train d’admirer le Turkménistan, et ils se promènent sur la frontière. Ils voudraient pas une glace et une boisson fraîche aussi, tant qu’ils y sont ?

Heureusement pour nous, les militaires ne vérifient pas nos photos et sont finalement aussi curieux que tous les autres ouzbeks croisés en route. Ils s’adressent à Fabien, le mâle dominant, et moi je passe en second. Soit j’intimide, soit c’est comme ça ici, je ne sais jamais trop dire.. Sauf que je suis la traductrice, donc ils sont bien obligés de discuter avec la femelle au final !

Parenthèse terminée, ils finissent par faire plein de selfies (!), avec Fabien, l’un après l’autre, à côté de la moto, sur la moto.. J’ai presque cru qu’ils allaient demander à faire un tour avec :). Mais non ! On ne demande pas trop notre reste quand même, et on file retourner sur notre autoroute du chauffage avec le reste du trafic.

Vers 14h on fait une pause dej’ et ombre bien méritée. On se retrouve à manger du poisson frit (décidément, l’eau n’est pas loin finalement !). On finit en cuisine pour choisir notre poisson du lac d’à côté. Épique la visite !

Fabien est un peu contrarié car il n’aime pas le poisson il pense que sa roue avant est un peu voilée. N’étant pas un grand amateur du contenu de son assiette de toute façon, il se retrouve à bricoler ses rayons sur le parking, sous le regard intrigué de nombreux clients du resto-route.

Bon, j’ai la théorie mais pas la pratique. Comment-ça marche ? Ou : comment j’ai appris à faire du diapason.

Il est pas super convaincu de ses bidouilles, et il commence à se faire un peu tard. On a encore de la route. Retour sous la fournaise, même si je pense qu’on a évité le pire avec notre pause déjeuner-entretien.

On fait le plein, il nous reste encore 100 kilomètres et on se dit que si la route reste comme ça c’est niquel.

Sauf qu’en fait non. Les 100 derniers kilomètres seront bien dégueulasses, la route, la poussière, les insectes (petite nouveauté !), et surtout de moins en moins de patience et d’énergie. A un moment, on croise nos amis en camping-car, et finalement on relativise. OK ils ont la clim, mais les routes défoncées avec leur gros engin ça ne doit pas être drôle. A chaque mode de transport sa peine… On arrive à Boukhara juste après le coucher de soleil, mais avant la nuit. Timing impeccable. Notre hôte est charmant et on dîne avec soulagement sur place (et les moustiques aussi d’ailleurs, je deviens leur plat principal….). Une bonne nuit de sommeil, une matinée détente (on retrouve une nouvelle fois nos amis autrichiens !), lessive et planification du Tadjikistan.

On est bien aussi, à l’ombre et à rien faire…

Puis on part à la découverte de la ville. C’est très calme à notre grand surprise, aussi beau que Khiva mais avec plus de scènes de la vie quotidienne. Cette découverte se fera via la promenade, pour profiter des lieux et de l’atmosphère. La chaleur est tellement écrasante, que de nombreuses pauses s’imposent (glace, thé, eau, salade, glace, glace…). On privilégiera le bucolique au culturel cette fois-ci.

Après une nouvelle nuit, bien naze à cause des moustiques, on fait le plein de flotte et on reprend la route pour Samarcande, étape mythique sur la route de la Soie ! Moins de 300 kilomètres aujourd’hui, et c’est tant mieux. Ça nous fera plus de temps pour profiter de la ville. Après une route sans plus, au chaud encore, on arrive vers 17h au B&B réservé, à 400 mètres du centre. Emplacement imbattable ! Mais matelas archaïques.. On le savait, donc on profite plus du lieu, de l’accueil chaleureux et de la proximité des centres d’intérêts que de la qualité du couchage.

En retrouvant le Wi-Fi, mauvaise nouvelle. Pas de e-visa tadjik à cause d’une erreur sur le nom. Quelle erreur, il faudra le deviner car ils n’en disent pas plus ! Super ! Petite montée de panique, ça gâche un peu mon arrivée sur Samarcande. Fafa, le pragmatique régulateur d’émotions boobooesques, se connecte sur le site tadjik. Ouf, on peut modifier et on ne doit pas refaire tout le process et repayer. En fait, il fallait mettre les trois prénoms, mais pas d’accents (donc tout comme sur le passeport, mais en fait pas tout à fait. Comme dans l’aérien quoi.). Bref, on croise les doigts pour que ce soit bien ça et qu’on les reçoivent avant de partir pour le passage frontière.

On part donc se promener sous la lumière du soleil de fin de journée, on profite des magnifiques monuments, on en prend plein la vue ! C’est Samarcande la plus impressionnante de nos trois étapes, en terme de bâtiments et de profusion de céramiques. On se trouve un bar à bière et des chachliks, les brochettes locales, et on profite de Samarcande by night en rentrant à pied. Et puis après une glace (parce que faut pas déconner non plus) on rentre se pieuter. Demain, on explore la ville à pied.

Aaaaaaaaaah, chauuuuuuuuuuuuuud, enlever, vêtements, tout de suite !
Là, ça va mieux !

La nuit fut un peu épique, avec les russes éméchés de la chambre d’à côté, un bruit non identifié répétitif et obsédant, et le matelas de l’époque de Tamerlan. Mais finalement, c’est moins pire que ce qu’on avait anticipé, ou alors on était vraiment crevés, je ne sais pas 🙂

Un bon gros petit dej’ dans le ventre et on se dirige vers le quartier juif, en dehors des sentiers battus, vers le mausolée Shah-I-Zinda où on en prend plein les mirettes.

Il fait très chaud, toujours, mais dans les mausolée c’est bonheur-fraîcheur, donc on équilibre entre les deux.

Ensuite, on remonte vers la mosquée Bibi-Khanoum, puis on fait un stop au bazar et on fait le plein de fraîcheur : de l’ombre déjà, mais aussi des concombres, des tomates, des fraises, des abricots secs, des noix, du pain frais… Que du simple et du bon !

Avec une bonne huile d’olive maturée ramenée dans nos bagages, et c’est parfait ! On retourne à notre auberge pour ce festin de roi, et pour laisser passer le plus gros de la chaleur avant de continuer l’exploration. Et bonne nouvelle entre temps, on reçoit tous les deux nos visas tadjiks. Yes ! Ça va mieux !

On profite de la cours ombragée de l’auberge pour continuer à préparer la Pamir, faire la MAJ des réseaux sociaux, et se poser tout simplement !

Vers 16h on ressort, je suis en hypo-glacémie sévère, et cette fois-ci Fabien se joint à moi.

Nan mais attends, souris là je prends une photo ! Mnhnmnon.

On complète notre city-tour jusqu’à l’apéro: bière blanche non filtrée, plus couillue que les blondes goûtées jusqu’ici, un délice à 0,42 centimes d’euros la pinte.

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Puis le dîner. Et on arrêtera pas d’en prendre plein les yeux, c’est vraiment très beau et très expressif.

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Je pense qu’on est passé à côté de certaines choses, et que cette ville mérite d’y passer un peu plus de temps. Mais à ce stade là, c’est plus la nature et les grands espaces qui nous appellent ! Demain, direction le Tadjikistan, et sa capitale Douchambé. Notre première étape vers la chaîne de montagne du Pamir.

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